10 août 2002

 

Un nouveau cycle commence. Les multipistes ont croisé et recroisé les fils d'une trame au long de ces derniers mois. Ce qui a surgit parfois est retourné dans les abysses intérieures. D'autres fois quelque chose est resté à la surface.

.Pourquoi commencer par ces images-ci? Les Bouffes du Nord, ce rouge sur les murs..........Je me souviens, il y a vingt ans à peu près, avoir vu ici Jean Guidoni, étais-je jamais revenue dans ce théatre? Il est une enclave maintenant dans un quartier devenu indien ou sri-lankais, arabe aussi...Le public ce jour de récital est un public blanc, plutôt bourgeois, c'est un dimanche et je reste un moment interloquée avant d'entrer dans la salle. Je ne sais plus dans quel temps et dans quel espace je suis vraiment, les souvenirs se télescopent, ce lieu est d'une autre époque et pourtant les murs sont toujours rouges et cette atmosphère unique que je retrouve dés l'entrée de la salle......Si je m'évanouissais là on dirait que j'ai un problème de santé mais ça ne serait pas ça du tout, ce serait juste que je n'arrive pas à assumer dans l'instant cet enchevêtrement de choses et ce mur si rouge......à quoi me renvoit-il?

 

retour/suite
   
 

Et puis ça a lieu, les chanteurs, et chanteuses surtout, arrivent, se mettent en place et interprètent une série de créations contemporaines, certains des compositeurs sont dans la salle. C'est assez éclectique, très interessant, dans l'ensemble très beau. Un bonheur, une découverte. Je me souviens avoir observé attentivement tous les interprètes, me rendant compte soudain de la présence de certaines que je n'avais pas remarquées jusque là, mais aussi souvent je ferme les yeux et dans l'instant je suis ailleurs. On me demanderait où j'habite à ce moment là, je crois que je ne saurais pas quoi répondre. Ou alors je dirais que j'habite là, dans ce théatre, depuis plus de vingt ans, que je suis la gardienne de ce mur .........Peut-être est-ce c'est parcequ'il a cette sorte de couleur plamisque qu'il me fascine? Ce lieu est une sorte de matrice chaude et un peu vertigineuse, qui toutes ces années a abrité des aventures théatrales et musicales de grande qualité. Peut-être que c'est parce qu'il est resté fidèle à lui-même, ouvert sur le monde et relié aux forces créatrices essentielles qu'il reste un repère solide dans un quartier nourrit maintenant d'influences bien différentes d'il y a vingt ans. Bien sur que c'est une enclave, c'est un lieu mère, un ventre de Paris et moi telle que je suis physiquement aujourd'hui je pourrais être une de ces filles qui chantent...

Puis sortir de ce lieu, naître à nouveau au monde...